L’IA accélère le changement et accentue certains risques RH

Selon les premiers résultats de l’étude «Employabilité et groupes à risque», la transformation des entreprises s’accélère, mettant sous pression l’employabilité des actifs et accentuant certains risques RH tels que la surcharge ou la perte de savoir-faire.

La lame de fond de l’IA est en train de transformer les organisations. Le rythme s’accélère et les employeurs peinent à suivre pour maintenir l’employabilité de leurs équipes. Voilà en substance ce que révèle la nouvelle étude d’Alixio Group Suisse (plus de 1200 répondants), dédiée aux stratégies des entreprises pour développer l’employabilité dans un contexte marqué par l’intelligence artificielle et l’évolution démographique. Quels risques RH identifient-elles? Comment préparent-elles leurs collaborateurs aux transformations à venir? Et comment accompagnent-elles les populations les plus exposées? Voici les premiers résultats de notre enquête auprès de dirigeants et responsables RH.

L’IA, principal moteur de la transformation

Plus de 90% des répondants estiment que l’intelligence artificielle transformera durablement leur entreprise au cours des deux prochaines années. Plus de 60% en sont même pleinement convaincus. L’évolution démographique et les tensions commerciales constituent également des moteurs importants de transformation.

Mais la préparation des collaborateurs ne suit pas au même rythme. Seul un quart des répondants affirme clairement que leur entreprise développe de manière ciblée les compétences nécessaires dans les rôles actuels ainsi que les Future Skills. Le constat est clair: les entreprises savent que le travail va changer, mais elles ne préparent pas encore suffisamment leurs collaborateurs à cette transformation.

Des risques RH qui se renforcent mutuellement

Environ un tiers des répondants considèrent le stress, la surcharge et les absences, la perte de savoir-faire liée aux départs ainsi que le manque de capacité de changement et d’innovation comme des risques particulièrement élevés. En incluant les réponses «plutôt d’accord», plus de la moitié se déclarent concernés par chacun de ces risques.

Ces risques peuvent se renforcer: le sous-effectif augmente la charge, la surcharge réduit la capacité à apprendre et à changer, tandis qu’un départ peut emporter du savoir-faire et accroître encore la pression. L’employabilité de­­vient ainsi non seulement un enjeu individuel, mais aussi un enjeu de gestion des risques pour l’entreprise.

Former, mais pour quel travail demain?

Trois quarts des répondants attendent de leur entreprise un développement plus ciblé des Future Skills. Mais former davantage ne suffit pas si l’on ne sait pas comment les métiers vont évoluer. Quelles tâches vont disparaître, être automatisées ou assistées par l’IA? Lesquelles vont prendre davantage d’importance? Quelles compétences deviendront nécessaires? C’est à partir de l’évolution du travail que les entreprises pourront identifier les compétences à développer et construire des parcours de mobilité pertinents.

Jeunes, expatriés, 60+

Plus de la moitié des répondants estiment que l’IA modifiera le rôle et les exigences envers les jeunes diplômés. Si certaines tâches traditionnellement confiées aux juniors sont absorbées par l’IA, comment acquerront-ils l’expérience nécessaire pour devenir experts?

Parmi les entreprises employant des expatriés, plus de 40% indiquent avoir dû en licencier au cours des deux dernières années. Les absences liées à des difficultés de santé mentale représentent un défi pour plus de la moitié des répondants. Enfin, une majorité identifie la perte de savoir-faire liée aux départs à la retraite comme un risque

Les résultats complets de l’étude seront présentés lors des événements organisés par Alixio Group Suisse et HR Today à Zurich, Bâle, Genève, Lausanne, Neuchâtel et Lugano et publiés dans notre livre blanc en novembre.